02 janvier 2012
12 décembre 2011
LE CHS EST TOUJOURS EN GRÈVE RECONDUCTIBLE
CFDT - CGT - SUD
LE CHS EST TOUJOURS EN GRÈVE RECONDUCTIBLE
Nous vous devons des explications
Depuis qu'elle a eu connaissance de la configuration des nouveaux locaux, l'ensemble des organisations syndicales a tiré à de multiples reprises la sirène d'alarme.
Depuis 3 ans nous avons pointé dans les instances l'insécurité des agents seuls dans des locaux non configurés pour un service de psychiatrie.
Aujourd'hui, à la livraison de notre outil de travail que constatons-nous ?
Oui c'est beau, c'est propre, c'est neuf mais de jour comme de nuit, il n'est pas possible de travailler seul en toute sécurité.
Le système DATI, déjà bien malade, ne fonctionne pas mieux dans les nouvelles unités. Des zones d'ombre, même pour les portables, perdurent. Et nous avons toujours dit qu'un DATI ne remplacerait jamais un collègue.
Les chambres sont tellement insonorisées qu'il est même difficile de localiser le DATI quand il émet.
Répondre à un appel en urgence c'est ouvrir et fermer de deux à quatre portes coupe feu avant de porter secours dans une autre unité.
On ne parle pas ici de dysfonctionnements conjoncturels inhérents à toute entrée dans de nouveaux locaux mais de réels problèmes structurels qui impactent gravement la sécurité des agents qui ne demandent qu'à faire du soin et à travailler sereinement.
On aurait bien d'autres exemples à pointer du doigt comme par exemple la simple ouverture d'une porte de chambre qui ne peut se faire sans automatiquement réveiller le patient tellement cela génère du bruit.
Nous sommes prêts à travailler sur les qualifications mais en aucun cas nous ne pouvons accepter des binômes Infirmier/Ashq de nuit. Les Ashq ne sont pas là pour jouer les « gros bras » !
Que pensent nos collègues Ashq d’être prises pour des « bouches trou » au motif qu’elles coûtent moins chères ?! Parce que c’est bien comme ça que les choses nous ont été présentées !
De surcroît, nous n’avons pas travaillé deux années de suite à mettre en place l’équipe ERSIA pour brader aujourd’hui le soin, et confondre sécurité avec « sécuritaire ».
Le CHS est avant tout un lieu de soin, la nuit comme le jour.
Un binôme la nuit c'est une équipe, aussi il n'est pas acceptable, non plus, pour nous, d'envisager un agent faisant 9h30 et un autre 8h00. La direction connaît notre position, a elle maintenant d'assurer la sécurité des soins.
La grève :
On ne fait jamais une grève par plaisir. Notre souhait aujourd'hui est clair. Etre entendu pour pouvoir travailler le plus rapidement possible en toute sécurité dans l'espace contraint que l'on nous impose.
Encore une fois, rappelons le : ce besoin d’effectif supplémentaire de nuit, c’est la direction elle-même qui, en imposant une telle architecture, en est responsable ! Il eut suffi de penser un espace central et / ou une mitoyenneté des unités pour maintenir l’effectif de fonctionnement précédent…
Sauf que, moins on modifie les plans, moins ça coûte !..
Quel manque d’anticipation, ou quelle méconnaissance de l’environnement et de la pratique des soignants !
Alors, oui, l'Assemblée Générale du personnel a décidé hier soir de poursuivre la grève reconductible pour interpeller tutelles et direction.
De plus, les organisations syndicales rappellent qu'elles ne sont en rien responsables des assignations. Seule la direction décide ou non d'assigner le personnel.
Si vous constatez des abus, n'hésitez pas à nous en faire part.
En attendant, nous sollicitons, à la demande des personnels, une rencontre syndicats / personnel / personnel d’encadrement de nuit / direction, pour mettre un terme, au plus vite, à ce gâchis, et travailler de nouveau sereinement.
07 octobre 2011
Le 20 octobre 2011, pas d’abstention, votez pour le syndicat de votre choix, mais votez !
1. Les mesures d’économie frappent tous les personnels : Remise en cause de la RTT, dégradation
des conditions de travail ...
2. La santé publique est attaquée de toute part, menacée de privatisation. En votant SUD vous
contesterez cette régression sociale, vous afficherez votre attachement à une santé solidaire et égalitaire.
3. La défense de notre dignité est essentielle : en votant le 20 octobre vous voterez pour affirmer que
chaque individu a droit au respect !
4. Le refus des injustices sociales est au cœur d’une société solidaire: vous voterez le 20 octobre pour
l’égalité des droits, le refus
des discriminations, le droit à un salaire digne et à un vrai déroulement de carrière.
5. Plus nous serons nombreux à voter le 20 octobre, plus nos élus seront légitimes face à la Direction,
face au Ministère.
6. Le pouvoir veut nous faire payer la crise : en votant SUD vous direz « je ne suis pas responsable
de cette crise, je refuse de payer et revendique une répartition égalitaire des richesses ».
7. Les femmes disposent du droit de vote depuis seulement 1944 : droit, il faut l’utiliser !
8. Face à l’arbitraire, les instances de représentations du personnel, CTE, CAPL et CAPD ainsi
que le CHS-CT sont des contres pouvoirs !
9 Les ordres, infirmier, kiné ... rejetés par les professionnels existent toujours : le 20 octobre
vous direz « je refuse de payer pour travailler, refuse une chambre disciplinaire supplémentaire ».
10. Pour faire face aux mesures d’austérité vous aurez besoin d’un syndicalisme qui ne se résigne
pas, un syndicalisme qui lutte pour la justice sociale.
27 septembre 2011
Sigmund réveille toi, ils sont devenus fous !
Un peu plus d'un mois après l'entrée en vigueur de la loi sur les soins psychiatriques sans consentement, reformant la loi de 1990 sur les hospitalisations en psychiatrie, un premier constat nous confirme déjà l'inutilité de cette loi et les objectifs sécuritaires qu'elle poursuit au détriment de la qualité des soins qu'elle contribue d'ailleurs à dégrader encore un peu plus.
La "garde à vue" psychiatrique de 72h qu'elle instaure n'apporte rien de plus aux soins … sinon moins de liberté aux patients ou supposés tels qui se voient désormais contraints de séjourner un peu plus à l' hôpital en attendant qu'un psychiatre « mobilisé » à grand peine vienne statuer sur son sort.
Le recours au Juge des Libertés et de la Détention (J.L.D.) s'il peut apparaître souhaitable, comme dans toute situation où un citoyen se voit privé de liberté, devient même un alibi sécuritaire. Cette audition qui doit se dérouler au plus tard le 15ème jour d'hospitalisation, s'avère plus propre à angoisser un patient délirant ou déprimé qui pouvait au moins espérer trouver refuge (… asile ?) dans un lieu de soins qui le protégerait d'une réalité extérieure vécue comme insupportable, alors qu’il se retrouve plongé dans les affres d'une réalité judicaire qu'il est souvent loin de pouvoir appréhender lucidement , envahit par les questions, les documents à signer, la nécessité de trouver un avocat …
Et que dire de l'alimentation de la paranoïa de certains, peut être hospitalisés parce qu'ils parlaient à leur poste de télé, et qui se voient proposer, par le biais de la visioconférence autorisée par la loi, de dialoguer avec le juge … par le truchement d'un écran !
Et lorsque les juges se refusent légitimement à employer cette procédure, ou le recours à une justice foraine qui entérine le déni des lieux de justice, ce sont alors de longues heures de déplacement et d'attente d'une audience publique - merci pour la confidentialité !- qui mobilisent patients et soignants, au dépens du véritable travail thérapeutique dans les secteurs de soins, qui se voient contraints – eux aussi ! – de recourir aux services d'intérimaires ou de retraités …
Paradoxe encore que ces fausses garanties des droits individuels, quand des mesures liberticides imposent maintenant les soins sans consentement non seulement à l'hôpital, mais en ambulatoire; car, et ce n'est pas seulement une distinction sémantique, la loi fait désormais référence non seulement aux hospitalisations sans consentement, mais bien aux soins sous contrainte, ceux-ci pouvant donc s'effectuer à domicile, constituant alors une véritable assignation psychiatrique à résidence …là où le recours au J.L.D. n'est cette fois plus obligé !
Mais, auparavant, pour sortir de l'hopital dans ce contexte, il aura fallu souscrire à un "programme de soins" qui définira précisément les modalités de suivi, de traitement (y compris injectable) de visites à domicile, imposé" au patient, au mépris de sa vie privée et de son libre arbitre, et qui sera validé par le "représentant de l'Etat" (sic) … sans limitation de durée, mais avec la menace explicite de réhospitalisation – y compris par le recours à la force publique – pour les désobéissants !
L'entrée en vigueur de la loi et ses applications nous confirme bien malheureusement le double effet que nous redoutions : d'un coté, l'instrumentalisation de la psychiatrie, de ceux qui la font et de ceux qui en "bénéficient", - ou la subissent !- à des fins politiquement et médiatiquement sécuritaires, transformant ses acteurs en agents de contrôle social, stigmatisant un peu plus une population en souffrance transformée elle aussi, à l'instar des étrangers et des sans papiers, en boucs émissaires de la crise ; de l'autre, la volonté de détruire le secteur public de psychiatrie, à l'image d'ailleurs de l'ensemble du système de santé publique français.
A cet effet, là encore, la stratégie est à double détente : tout d'abord le déni de toute spécificité des soins psychiatriques, depuis longtemps commencé avec la disparition du Diplôme d'Infirmier de Secteur Psychiatrique et de l'internat en psychiatrie, et qui se poursuit avec la démobilisation des soignants et même de l'ensemble des acteurs, directs ou indirects des soins: depuis le mois d'août (entrée en vigueur de la loi), le taux d'absentéisme des secrétaires médicales, opérateurs de loi en première ligne, n'a jamais été aussi élevé dans les services; et les psychiatres passent désormais plus de temps au téléphone ou devant leur ordinateur qu'au contact de leurs patients …
Des mots comme psychothérapie, psychanalyse, thérapies alternatives sont devenus obscènes…
Puis, pour faire rentrer la psychiatrie « dans le rang » M.C.O. (Médecine, Chirurgie, Obstétrique … Médicaments, Contraintes, Obligations ??), on sait opposer au projet thérapeutique, élaboré en alliance avec le patient, le "programme de soins" légalement et informatiquement randomisé … et validé par le Préfet ..!
Les stratégies gestionnaires se substituent donc , une nouvelle fois , aux stratégies thérapeutiques, dans l'élaboration de protocoles "performants" visant à augmenter l'activité cannibalisante – dans la perspective de la T2A – de services autophages qui n'alimentent qu'eux-mêmes, aux dépens de soins durables et de qualité apportés aux patients.
Les fantasmes, les délires et les hallucinations se protocolisent donc … mais ne prennent plus sens dans les prises en charge stéréotypées qui les prennent désormais en « compte » !
Prenons donc bien garde, alors que nous sommes « le nez dans le guidon », au risque qui existerait a articuler nos luttes autour de la défense des moyens (d’appliquer la loi), au dépens de la question du sens de celle ci, et des moyens.. de la combattre !
Et ce n'est pas fini ! prochains épisodes : le fichage des données socio-économiques des patients en psychiatrie, sous prétexte d'améliorer la sécurité (encore) et la traçabilité des informations … mais dans l'objectif à peine voilé de repérer les trajectoires des individus sortant de la norme sociale, avec toutes les conséquences que nous pouvons en redouter (cf. chapitre précédent : dépistage précoce de la délinquance chez les jeunes enfants !).
Enfin, cerise sur le gâteau, le "Plan Santé Mentale" – même psychiatrie devient un gros mot ! – qui nous est promis pour bientôt et devrait lui aussi révéler son lot de propositions "normalisantes » et « sécurisantes", alors que les professionnels demeurent toujours en attente d'une véritable loi spécifique à la psychiatrie, qui conforterait et renforcerait le fonctionnement du service public et celui des soignants, dans l'intérêt d'une meilleure prise en charge thérapeutique des personnes qui peuvent y avoir recours.
Docteur Philippe GASSER
Psychiatre
Praticien Hospitalier C.H. d'Uzès
Membre du Bureau National de l'Union Syndicale de la Psychiatrie (U.S.P.)
23 septembre 2011
20 octobre, je vote SUD !
Elections Fonction publique : Votez Solidaires par Solidairesnational
15 août 2011
Nom,prénom et lieu de résidence ...
Nom,prénom et lieu de résidence ...
Stupeur à la lecture de Ouest-France de ce matin. Pas sur le fait de lire dans un article qu’un patient fugue, il y en aura toujours, le CHS n’est pas une prison. Mais sur la divulgation publique du nom du patient et de son lieu de résidence. Il est sans doute bon de rappeler ici que les patients comme les soignants on des devoirs mais aussi des droits. Parmi ce droit : le secret professionnel.
Secret professionnel
Le secret professionnel est une obligation qui incombe à tous les professionnels amenés à se trouver dépositaires de secrets dans l'exercice de leur profession. Il est strictement encadré par la loi.
L'article 226-13 du code pénal dispose ainsi : « La révélation d'une information à caractère secret par une personne qui en est dépositaire soit par état ou par profession, soit en raison d'une fonction ou d'une mission temporaire, est punie d'un an d'emprisonnement et de 15000 euros d'amende. »
Le secret professionnel est une obligation légale qui doit, dans de nombreux cas, être opposée même à l'action de la police ou de la justice. Il existe cependant certaines situations, soigneusement définies pas la loi, dans lesquelles le professionnel a au contraire le devoir de lever le secret (mineurs victimes de sévices, crimes imminents etc.).
Rien dans la loi n’oblique un professionnel à rendre public le nom et le lieu de résidence des patients qui fuguent. Alors d’où vient ce bug ? Décision du préfet ? Journaliste trop bien informé ? Direction du CHS ? Le syndicat SUD aimerait avoir une réponse. Il vient d’écrire en ce sens aux personnes concernées et à l’ARS. Si la loi vient encore d’être modifiée autant le savoir.
Le problème majeur que pose la divulgation du nom d’un patient sur la « place publique » c’est la remise en cause d’une base majeure de la psychiatrie. C’est le lien de confiance que chaque jour on essaye d’instaurer entre nous soignants et les patients malgré des moyens de plus en plus réduits. On n’avait vraiment pas besoin de cela après la nouvelle loi sécuritaire, que l’on nous impose avec la notion aberrante de soin sous contrainte à domicile, d’allers/retours réguliers au tribunal de St Nazaire et d’une garde à vue d’entrée de 72 heures .
SUD SANTE SOCIAUX CHS de Blain
27 juin 2011
Refuser cette loi anti-thérapeutique, sécuritaire et dangereuse
Communiqué du 25 juin 2011
Après la manifestation Place de la République
Samedi 25 juin 2011, près de 500 personnes se sont rassemblées Place de la République, pour manifester leur refus de la loi adoptée par le Parlement le mercredi 22 juin. Patients, familles, professionnels de la psychiatrie, psychanalystes, citoyens, ont répondu à l’appel du Collectif des 39 contre La Nuit Sécuritaire. Jack Ralite, ancien Ministre de la Santé, Serge Portelli, magistrat, membre du Syndicat de la Magistrature, Yves Clot, professeur au C.N.A.M., Olivier Grignon, psychanalyste, président du Cercle Freudien, Lysia Edelstein, psychologue, membre du syndicat de la Protection Judiciaire de la Jeunesse – S.N.P.E.S./P.J.J./F.S.U.-, sont venus témoigner de leur soutien et dire combien les mêmes politiques sont à l’œuvre dans la justice, l’éducatif, le social et le monde du travail. Ecrasement des métiers, enfermement, contrôle, surveillance, à l’opposé de l’accueil et d’une approche humaine des questions de société.
Nous voilà à l’orée d’une ère nouvelle qui n’entend plus soigner mais contrôler à partir de nouveau systèmes de normes, de nouveaux dispositifs intriquant justice, exécutif, législatif, psychiatrie.
S’il est difficile de penser la résistance c’est précisément parce que ces différents plans sont confondus et qu’en miroir, notre confusion est facilitée.
Le Collectif des 39 contre la Nuit Sécuritaire propose quelques pistes qui, du grain de sable dans la machine, au caillou dans la chaussure permettront d’ouvrir des espaces pour continuer à accueillir, soigner et accompagner les patients et leurs proches, espaces qui par l’adoption de cette loi subissent un collapsus.
Rappelons la devise hippocratique : "Primum non nocere", - Premièrement ne pas nuire -, et orientons nous avec cette balise antique.
Principes généraux :
- Nous refusons le climat de menace que cette loi instaure.
- Aucune de nos décisions cliniques ne va de soi, loi ou pas loi.
- Nous ne ferons pas de zèle, nous n’anticiperons pas les consignes données par la loi, nous ferons acte de résistance passive, nous trainerons les pieds pour faire au maximum obstruction.
- Nous ne ferons rien pour huiler les rouages de la machine d’ici au 1er août 2011.
- Nous ferons tout pour préserver des soins anonymes et gratuits, pour éviter aux patients d’entrer dans les rouages des injonctions de soins (refus de la mise en place et de l’application de « l’identito-vigilance » par exemple)
- Nous ne nous focaliserons pas sur la question de la contrainte en psychiatrie qui, rappelons-le, n’est qu’une minorité des soins prodigués.
Pour ne pas nuire :
- Conserver, coute que coute, le secret professionnel et communiquer le moins possible aux administrations avec lesquelles nous avons affaire, les éléments qui pourraient être préjudiciables pour les patients.
-Nous nous engagerons à rendre la contrainte inutile dans nos pratiques quotidienne, par un engagement clinique, au cas par cas, dans des soins relationnels
- Créer localement, avec les différents acteurs du secteur, des espaces pour de confiance avec les partenaires.
- Nous ferons tout pour marginaliser cette loi en créant toujours plus de lien avec les acteurs de terrain, les patients et les familles.
Pour les psychiatres :
Ne pas nous laisser dicter notre pratique clinique par une loi anti-thérapeutique :
- Mettre le moins d’éléments « à charge » dans les dossiers médicaux et dans les certificats des patients pour ne pas lever le secret médical.
- Refuser de rendre des « avis » sur dossier sans avoir vu le patient.
- Refuser de jouer aux diseurs de bonne aventure en refusant de rendre des avis censés prédire la dangerosité ou le risque de passage à l’acte à venir.
- Refuser les vidéos - audiences avec les Juges des Libertés de manière systématique pour tous les patients en faisant des certificats médicaux de contre-indication.
- Refuser les accompagnements de patients au tribunal qui ne sont pas en état clinique de s’y rendre (le juge doit se déplacer, ce n’est pas notre problème, nous sommes des soignants, non pas des juristes, ni des auxiliaires !). Pour des personnes en état de grande souffrance psychique, de bouleversement moral, de désorganisation mentale, au quinzième jour d’une hospitalisation imposée, sans leur consentement, se retrouver dans un Tribunal ne peut qu’aggraver les troubles psychiques, amplifier l’angoisse, provoquer encore plus de troubles mentaux.
- Lever les mesures de contrainte aussi rapidement que possiblepour proposer des permissions en soins libres de plus de douze heures.
- Refuser la prescription des programmes de soin ou à minima de pas intégrer des éléments précis (comme prescription contrainte de psychothérapie, d’activité thérapeutique)…
- Au cas où les préfets refusent la sortie d’un patient : indiquer dans les certificats que l’autorité administrative prend l’entière responsabilité de la dégradation de l’état psychique du patient quand celui-ci ne nécessite plus cliniquement de mesure de contrainte.
Pour les infirmiers :
- Refuser les formations de « gestion de la violence » qui relèvent de l’idéologie anti-thérapeutique actuelle (cf. rapport de l’IGAS)
- Prendre son temps avec les patients qui le nécessitent, qui ont besoin d’écoute, d’attention de disponibilité.
- Privilégier la parole avec les patients plutôt que perdre son temps à comptabiliser les actes dans les ordinateurs.
- Fonder des petits collectifs de base dans les services et dans les hôpitaux pour se soutenir, débattre, penser et lutter contre les pratiques de plus en plus déshumanisantes : camisole de force, contentions, cellules d’isolement, protocoles abscons etc.
- Refuser d’organiser des « distractions » comme l’a proposé le Rapport de l’I.G.A.S du 31 mai 2011. Mais lutter pour instaurer et continuer les activités thérapeutiques, les ateliers de création. Nous sommes des soignants, pas des animateurs télés, ni des gentils organisateurs de clubs de vacances.
Pour les psychologues :
- Refuser des psychothérapies contraintes par des programmes de soin.
- Refuser d’être sous la responsabilité pleine et entière du pouvoir médical : conserver son indépendance de statut.
- Refuser d’être des experts exclusifs en thérapie brève comme le propose le décret sur les psychothérapies.
- Soutenir dans les services le travail clinique de mise en lien et de mise en sens en tant que fondement des soins psychiques.
Pour tous les soignants :
- S’engager à ne pas signaler et à ne pas ficher avant d'avoir mis en place tout autre moyen respectueux de la dignité humaine. Le manque de moyen ou de personnels ne doit jamais conduire à la déshumanisation des relations soignantes ni au désengagement. Dans les cas extrêmes, rappeler dans un signalement "le manque de moyen et de personnel pour apporter les soins nécessaires à ce patient met en cause gravement l'ordre public"
- Lever les protocoles de soin rapidement.
-Ne pas prescrire de soins sans consentement en ambulatoire, autant que faire se peut.
- Refuser la priorité des « soins » contraints dans les Centres de consultations par rapport aux personnes déjà en soins ou venant demander à entrer dans une démarche thérapeutique, venant se soigner librement. Nous ne nous ferons pas imposer l’abandon de la continuité des soins déjà entrepris.
- Faire des visites à domicile autant que les moyens le permettent pour éviter aux patients et à leur famille d’avoir à faire aux « brigades de chocs ».
- Répondre aussi rapidement que possible aux situations qui risquent d’aboutir à des « soins » sans consentement en ambulatoire.
Au niveau général, nous solliciterons :
- Le Conseil de l’Ordre pour la levée du secret médical, lors des audiences judiciaires et dans les casiers psychiatriques qui se créent.
- La Commission Européenne des Droits de l’Homme pour la mise à mal de l’inviolabilité du domicile et la mise à mal de la liberté de circulation.
- Le Conseil Constitutionnel en soutenant les questions prioritaires de constitutionnalité et les recours possibles présentés par les patients ou leurs familles.
Le Collectif des 39 s’engage à soutenir les professionnels et les équipes qui seraient mis en difficulté, ou menacés, pour vouloir mettre l’éthique des soins en priorité avant la pratique de cette loi indigne.
A l’automne, le Collectif des 39 organisera un nouvel événement politique et culturel pour l’accueil et l’hospitalité pour la folie et pour faire le point sur les difficultés rencontrées à partir du premier août et sur les modalités de résistance mises en œuvre.
Collectif des 39 contre La Nuit Sécuritaire.
http://www.collectifpsychiatrie.fr
11 juin 2011
20 octobre : je vote SUD santé sociaux
10 mai 2011
Dépendance
29 mars 2011
Notre santé en danger : le 2 avril tous dans l'action !
Un an après l'installation des Agences Régionales de Santé et de leurs directeurs, véritables préfets sanitaires qui ont des pouvoirs exorbitants, les annonces de fermetures, fusions, restructurations d'hôpitaux, de maternités et d'établissements médico-sociaux se multiplien dans toutes les régions. La mise place de partenariats public/privé transfère au secteur commercial toutes les activités rentables et aggrave les déficits de l'hôpital public.
Pour les personnels, les conséquences sont désastreuses : suppressions d'emplois, mutations autoritaires, précarité accrue. Il faut toujours faire plus avec moins ;
- les plannings de travail sont de moins en moins respectés,
- les horaires chamboulés,
- les rappels à domicile monnaie courante,
- les mobilités imposées.
La notion de production de soins impose des conditions qui font perdre le sens du travail, en particulier pour les soignants. Les directions remettent en cause les accords RTT, imposent des organisations de travail plus " performantes " à flux tendu où les remplacements d'absences ne sont plus assurés, l'auto-remplacement devenant la règle.
Tous les établissements sont touchés, CHU, CHS, hôpitaux généraux ou locaux, maternités, centres de lutte contre le cancer, EHPAD et maisons de retraites, mais aussi les établissements médico-sociaux. Les Agences régionales de Santé imposent à tous des plans d'économie drastiques. L'offre de soins se réduit car chaque restructuration est l'occasion de supprimer des lits, des activités. Cet hiver les urgences ont été souvent débordées car elles deviennent le seul recours d'accès aux soins de la population.
Les statuts et conventions collectives sont menacés :
Dans le public, l'emploi statutaire se réduit et l'utilisation abusive de contractuels se multiplie en lieu et place de personnels titulaires. Les infirmières subissent un odieux chantage : la perte de la catégorie active contre une revalorisation salariale très en-deça de celle espérée. Dans le secteur privé, les organisations patronales remettent en cause les conventions collectives, réduisant les déroulements de carrières, les congés, et introduisent des individualisations de salaires.
PERSONNELS, USAGERS & ÉLUS… IL EST TEMPS DE RÉAGIR ENSEMBLE !
- Pour stopper cette spirale infernale de dégradation des conditions de travail et d'emplois dans les établissements sanitaires et médico-sociaux qu'ils soient publics ou privés,
- pour défendre, promouvoir et construire démocratiquement un système de santé public, solidaire, pour toutes et tous, 24H sur 24, sur tout le territoire.
Face à la gravité de la situation, pour la première fois, plusieurs dizaines d'organisations syndicales, associatives, politiques, collectifs de défense se sont rassemblées pour lancer un appel à la population et aux professionnels pour se mobiliser contre la politique sanitaire du gouvernement mise en place par le biais des Agences Régionales de Santé. Elles appellent dés maintenant à : une journée nationale d'action unitaire touchant toutes les régions le samedi 2 avril 2011 pour le droit à la santé en direction des Agences Régionales de Santé.
Usagers, salariés tous unis !
Cette initiative est le résultat d'un long travail en commun de toutes celles et ceux qui considèrent que la défense de la santé n'est pas le seul apanage des professionnels du soin mais qu'au contraire cette question concerne toute la population.
La loi Bachelot destructrice de notre système de santé !
Public, privé, les luttes se multiplient dans la santé et le social pour les salaires, les conditions de travail, contre les restructurations, les regroupements, les fusions, les fermetures de service, pour la défense des conventions collectives et du statut, contre l'existence des ordres professionnels !
Il est temps de regrouper les luttes éparses, d'agir tous ensemble plutôt que chacun dans son coin, d'agir unis plutôt que divisé, SUD le propose à toutes et tous, ce n'est que du bon sens. LE 2 AVRIL 2011 en est l'occasion pour démarrer une campagne nationale de défense et de reconquête de nos droits.
USAGERS ET SALARIES DU PRIVE ET DU PUBLIC DEFENDONS LA SANTE, DEFENDONS L'ACTION SOCIALE !



